Papeterie de Pont de l'Etoile

L’histoire du village de Pont de l’Etoile est liée à l’histoire du domaine de la « BELLE ETOILE »dont la fabrique de papier représenté

la plus grande partie, l’autre partie était constitué de l’auberge de « la belle étoile » ses dépendances et la maison de maitre

comme on peut le voir sur le relevé cadastral.

 

En 1603 le quartier qui compose Pont de l’Etoile s’appelle « Rescluzo d ‘Aubagne » et en 1633 le quartier de la chemine.

En parcourant les archives de la commune on trouve en 1592 un moulin à papier à deux engins à la «  rescluzo d’Aubagne »

Ces bâtiments font partie du domaine de «la Belle Etoile » qui se compose donc de ces batiments, d’une chapelle, d’un four à pain,

d’un moulin à huile, d’une maison de maître et enfin de l’auberge. En 1647 on parle déjà de la chapelle de l’hostellerie de la Belle Etoile.

 

Ce domaine appartient  à  Noble Jean Baptiste de Cauvet, baron de Trets, qui le cède en 1624 au Sieur de Bausset.

 

En 1630, il devient la propriété de  la famille De Bausset d’Aubagne.

 

C’est dans ce bâtiment qu’en 1722, pendant la peste, furent installées les infirmeries de Roquevaire.

 

Le 4 avril 1703, Messire Joseph De Bausset, prieur de Bouc, Simiane, Esclapon et Saint Marcel, chanoine en l’église cathédrale de la ville de Marseille, a «arranté » à Charles DONDE, marchand papetier dudit Marseille : deux moulins à papier avec les «régales », jardin et tout le seigneuriage ensemble que ledit sieur de Bausset possède dans le terroir et lieu de Roquevaire, quartier de la  «belle Etoile »

contre une rente de sept cent livres par an.

 

Le  9 janvier 1705, Messire De BAUSSET vend à Charles DONDE les moulins à papier et les terres environnantes.

 

Entre-temps Messire De Bausset, le18 août 1704, à vendu à Hierosme REY, fils de Sauveur, ménager  de la ville de Marseille, le logis

ou est pendu l’enseigne «la Belle Etoile » avec sa forge, la cave et la maison où est le four. Le tout pour la somme de 17590 livres.

 

 

 

Le 25 frimaire de l’an douze de la République française, Donde Charles devenu veuf  fait son testament.

Il laisse une pension annuelle de 400 francs à son frère Dominique qui habite Aubagne.

Il lègue au citoyen Jacques GLIZE, papetier, et à la dame Anne André son épouse (fille de Donde) la jouissance en usufruit de tous ses biens.

Il laisse la propriété de ses biens à ses petits enfants : Vincent Glize, Jean Casimir, Glize, Jean Baptiste Nicolas Glize,

Augustin Xavier Glize, Charles Glize, Elisabeth Glize.

 

Le 16 janvier 1813, le sieur Vincent vend à Jean Casimir  le sixième de la propriété qu’il avait eu  de la succession de Donde. (1/6eme)

Le 4 novembre 1817, Jean Baptiste Nicolas  vend à son frère Charles sa part. (1/6eme)

Le 29 août 1829  Auguste Xavier vend à son frère Charles sa part. (1/6eme)

Le 1 novembre 1840 Jean Baptiste ROBE fils unique de Anne Thérèse Elisabeth décédée vend à Charles sa part (1/6eme)

Le 24 août  1851, Jean Casimir vend à son frère Charles sa part. (2/6eme)

 

A  la date du 24 août 1851, Charles Glize devient le seul propriétaire de la fabrique de papiers.

 

Revenant en arriere, on apprend que Jacques Glize est  né Belgentier dans le var le 30 septembre 1751.

Il vient s’installer à Roquevaire en 1770. Il se marie avec Anne André en 1772 et ont 8 enfants. Glize était aussi d’une famille de papetier

car on trouve des Glize papetier à Bras, Moustiers, Sainte Marie. Il travaille donc chez Donde avec toute sa famille.

Pendant la révolution, qui l’épargna à cause de ses sentiments républicains, une trentaine d’ouvriers et ouvrières travaillent.

 

On fabrique du papier a partir de chiffons blancs, indiennes et vieux cordages achetés à Marseille et à Aix.Ce papier était soit du papier

moyen ou du papier gris dénommé «national, Batard fin, cloche double, etc. ». La vente était faite essentiellement dans les Bouches du Rhône

et le Var.

 

Les enfants Glize travaillent aussi dans la papeterie :

Deux fils exploitent une papeterie à Auriol,

Deux autres dirigent l’usine de Pont de l’Etoile avec leur père,

La fille Elisabeth se marie avec Joseph ROBE  fabricant de papier à Auriol,

Casimir s’établit à Marseille et vend le papier fabriqué à Pont de l’Etoile et Auriol.

Ils devaient faire de bonnes affaires car ils achètent des propriétés à Roquevaire, Pont de l’Etoile, Aubagne etc.

 

En achetant la fabrique de papier, Monsieur Donde a eu en  charge  la chapelle et à ce titre, il a remis le 1er floreal à : (texte du reçu)

« Nous, membres du comité de surveillance de la commune de Roquevaire, certifions que le citoyen Donde a présenté par-devant notre

comité l’argenterie ci dessous pour être portée à la monnaie et être changé pour des assignats

                                                            « savoir »

Quatre flambeaux avec ses bobèches

Deux soucoupes, une grande et une moyenne

Une cafetière moyenne

Un pot à sucre

Une porte huilière avec ses couverts de carafe

Deux bougeoirs avec ses girandoles

Un moutardier avec sa cuillère

Trois cuillères à ragoût

vingt et un couvert

Douze petites cuillères à café

Quatre garnitures de salières

 

           ont signé

 

 

 

Vers 1850, une petite fille de Jacques, Felicite-Marie-Therese Glize, fille de Charles son fils, se marie avec Louis Etienne Niel qui travaille à Varages, petit village du Haut Var, comme collaborateur de son père, fabricant de faïence.

Sur ses conseils, Charles Glize transforme une partie de sa papeterie en usine de faience. Niel apportant, sans aucun doute, les procédés et techniques de fabrication utilises à Varages.

La faïencerie fut autorisée  par arrêté préfectoral du 7 août 1852 et dés ce moment elle commença à fonctionner.

Jusqu’en 1858 Louis Niel continua à exploiter son usine de Varages.Il venait très souvent à Pont de l’Etoile  pour aider son beau-frère et

surveiller la fabrication. Il envoya à Pont de l’Etoile ses meilleurs ouvriers.

Vers 1850, Charles Glize vend une partie de sa propriété comme terrain à bâtir. Terrain compris entre la route nationale et la rivière.

Le village prend de l’extension car, la papeterie fonctionnant toujours avec deux moulins à eau, fabricant 180000 kilos de papier par an

avec neuf ouvriers et treize ouvrières, la faïencerie et l’installation par Glize et Niel d’une fabrique de minium traitant 125000 kilos de

matières premières pour fabriquer 43000 kilos de minium avec sept ouvriers. C’est donc cinquante quatre ouvriers au total que

Glize et Niel emploient à cette période.

Un dénommé Aubert emploie aussi du personnel.

 

Le huit janvier 1858 les époux GLIZE (Charles et son épouse nee Marie-Therese Depouzier) font leur testament. Ils ont comme héritiers :

Glize Emile le fils ainé

Glize Celestin le fils cadet

Et les trois enfants mineurs de  feue Thérèse Marie Félicité (épouse de Louis Niel) représenté par leur père. (Leon Célestin, Félix Honore, Marie Amélie Claudine)

 

Après le décès de Charles GLIZE en 1872, Monsieur Célestin GLIZE et Monsieur Célestin NIEL en  1880 et en 1882 achètent aux autres indivisionnaires leur part du domaine et de ce fait deviennent propriétaires indivis pour moitié chacun du dit domaine.

 

En 1887, la faïencerie cessa son activité entrainant l’arrêt de la fabrication du minium.

 

En 1889, Monsieur Célestin NIEL voulant sortir de l’indivision  demande le partage. Tenant compte de la situation du domaine le tribunal civil constatant que le partage par moitié n’est pas possible, ordonne la vente aux enchères publiques.

 

La vente a été faite le 29 mai 1901.L’acheteur était Monsieur GUINTRAND Jules négociant en métaux demeurant avenue

de la Capelette au n°45.

 

A son décès en 1916 et donation faite par la veuve à ses enfants, c’est son fils Joseph Guintrand qui hérite du domaine.

 

A la mort de Monsieur Joseph Guintrand en mars 1935, sa fille unique Marie Jeanne devient la nouvelle propriétaire.

 

Depuis de nombreuses années, une grande quantité de papier était vendu sur le marché algérien, en particulier sur la région de Bone.

Suite aux evenements, cette clientèle n’a plus achète de papier en provenance de la métropole et par conséquence il y a eu des grosses difficultés pour vendre ce papier. Ensuite les événements de mai 1968 qui ont conduit à une grosse augmentation des salaires ont encore aggravés les difficultés et la décision a été prise d’arrêter définitivement l’usine. Cela s’est fait à la fin de l’année 1969.

La propriété  a été vendue en plusieurs parties, les terrains formant actuellement le lotissement de la papeterie, les grands immeubles

sont devenus des appartements formant les patios d’Anaïs et le solde est devenu la propriété de différents membres de la famille.

Petite observation : Ces grands bâtiments était constitué de grandes salles dans lesquelles il y avait de grand étendages sur lesquels on

mettait le papier à sécher jusqu’à ce qu’on installe une sècherie à vapeur.

 

Revenons à la vente par Monseigneur de Bausset du reste du domaine à Jérôme Rey par acte du 18 aout 1704.Ce monsieur n’ayant pas

payé le prix convenu, par acte du 26 mars 1720 le domaine redevient la propriété de Monseigneur de Bausset.

Le 24 septembre 1771 l’auberge est vendu à Decormis par L’hoirie Mathieu, Nicolas de Bausset. Dans les actes de 1771 il est fait état de

l’hoirie de Messire Mathieu, Nicolas Marquis de Bausset, Chevalier de l’Ordre Royal, Militaire de Saint Louis, ministre plénipotentiaire de sa Majesté auprès de l’Impératrice de Russie, Chanoine de l’église Majeur de la ville de Marseille et de feu dame Adelaide,Constance de Selles,

son épouse.

Le 2 juillet 1788 Decormis vend à David Henri

Le 20 fructidor an huit décès de David Henri qui laisse un fils Philibert qui devient propriétaire et sa mère Marie Madeleine Mourre

qui devient usufruitière de la moitié de la succession.

Le 1 mars 1828 le domaine est vendu à Barthelemy Julliany par David Philibert et sa mère.

Barthelemy Julliany décède et laisse  après le tirage au sort des lots de sa succession le domaine à sa fille Marie Christine épouse Dupré

qui le vends le 26 février 1856 à Rosalie Jullien Veuve Reynier.

 

le 17 décembre 1890 chez Maitre Gariel notaire a Roquevaire, Madame Honorine Philoméne Reynier (fille unique de

Rosalie Jullien Veuve Reynier) sans profession assisté de Monsieur Sévére Joseph Biscarre son mari qui l’assiste, ancien fabricant tanneur, domiciliés à Pont de l’Etoile, vend l’auberge à Michel Victorin, marchand de bestiaux demeurant sur le terroir d’Aubagne quartier

de bonne herbe

(Je n’ai plus de renseignements pour la suite des ventes mais il est passé aux familles Gasquet, Cucurny.A ce jour il est occupé par le

urplus militaire ainsi que la maison attenante. Le local occupé par le magasin de motos a été construit par Monsieur David à la suite

d’un acte du 23 thermidor an huit)

La fille unique de la veuve Reynier marié Biscarre fait par acte notarié le 6 juin 1908 donation du reste du domaine à ses 5 enfants.

Depuis cette donation les terrains ont été vendu et sont devenus pour un lot les mas des romarines et les villas en bordures de l’Huveaune,

pour un autre les platanes, pour un autre la construction de maisons dans le terrain en contre bas de la nationale, le lotissement le verger,

l’extension de l’école  et toutes les constructions en contre bas de l’autoroute et en fin le terrain sur lequel a été construit la pharmacie

l’office notarial et les commerces.

Le grand parking et le terrain de jeux appartenait en dernier à Monsieur Cucurny qui l’a cédé à la municipalité.

Une petite remarque concernant le pin pignon qui existe sur ce parking : D’après les renseignements donnés par ma mère, celle-ci aurait

participé à sa plantation lorsqu’elle avait 5/6/ ans soit en 1915/1916. Cette plantation a été faite par Mademoiselle Gasquet qui avait

récupéré des pignons provenant des pins pignons qui était planté dans la propriété de la fabrique.

 

Acte du 23 thermidor an huit (19 juillet/18 aout 1800)

Dans cet acte, un accord est intervenu entre David et Donde pour déplacer le chemin d’accès de la voie royale n° 96 à la fabrique de papier

pour permettre la construction de la remise (actuellement magasin de moto).Par ce même acte Donde renonce  à tous ses droits

sur la chapelle et David en devient le seul propriétaire.

 

 

 

Construction du village compris entre la nationale 96 et l’Huveaune.

 

A partir de l’année 1852 Monsieur Charles Glize vent les terrains qu’il possède dans cet espace  pour des terrains à bâtir.

 

Nous n’avons pas tous les actes concernant ces différentes ventes.

 

Le 5 mars 1852, chez Georges Auguste Elzéar Jean- Baptiste Richelme notaire à Roquevaire, Monsieur Charles Glize demeurant à

Pont de l’Etoile vends au sieur Henri Léon Negrel fils d’Hilaire voiturier et revendeur domicilié à Pont de l’Etoile un emplacement à bâtir d’une surface totale de 129 mètres carrés 92.Monsieur Glize se réserve un droit de passage sur le terrain vendu, ce passage aura un mètre de

large et sera pris au bord de la rivière pour arriver au passage réservé à monsieur Glize entre le terrain acquis par le sieur Negrel et à

acquérir par le sieur Coste .(Actuellement l’impasse Roure)

Monsieur Glize permets au sieur Négrel d’ouvrir sur cette ruelle telles portes ou fenêtres sans toutefois placer des portes ou fenêtres en

dehors ou rien faire qui puisse gêner la circulation ou diminuer la sécurité de ce passage et au rez de chaussée seulement.

Le prix de cette ventes de trois cent soixante-quinze francs que Monsieur Negrel a compté à Monsieur Glize qui le reconnait en espèces

de cours délivrés devant nous notaire et témoins soussignés, dont quittance.

 

 

Le 22 juillet 1852, chez Maitre Antoine Honoré Morel notaire à la commune de Roquevaire, Monsieur Charles Glize demeurant à

Pont de l’Etoile vends à Monsieur Aubert propriétaire agriculteur demeurant dans la commune un terrain à bâtir d’une superficie de 178metres carres .La présente vente a été faite au prix de 356 francs, soit le prix de 2 francs le mètre carré, payable dans quatre années de ce jour

comptable avec intérêt annuel de cinq pour cent.